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2025, tel qu’on l’a vécue

Une année dense, imparfaite et résolument constructive

Si l’on devait résumer 2025 à l’Ermitaj Malin en une phrase, ce serait sans doute celle-ci : beaucoup de choses ont avancé, parfois dans la fatigue, souvent dans la complexité, mais avec des fondations qui se renforcent.

Structurer une telle année n’est pas évident. Alors en voici le récit, tel qu’il s’est déroulé. Nous vous souhaitons une bonne lecture!

Infrastructures

Assurer la résilience

En début d’année, nous avons entièrement revu notre système de production d’électricité.
Nouvelle batterie, nouveau régulateur, nouveaux panneaux et générateur essence en back-up, lequel est désormais connecté à l’ensemble de l’installation.

Ce choix marque une étape importante. N’étant pas raccordés au réseau, il nous semblait cohérent d’intégrer une source d’énergie « pilotable », activable en fonction des besoins. Le soleil et le vent ont une qualité indéniable : ils sont renouvelables. Leur défaut est tout aussi connu : ils sont intermittents.

Plutôt que de surdimensionner une installation solaire pour couvrir les journées courtes et brumeuses de l’hiver, nous avons opté pour un système mixte. Résultat : une installation solaire relativement modeste, suffisante environ neuf mois par an, complétée par un générateur utilisé ponctuellement. En pratique, cela représente l’équivalent d’un à deux pleins d’essence de voiture par an. 

Ce choix reflète l’un des principes de conception de permaculture les plus connus :
“Chaque élément remplit plusieurs fonctions, et chaque fonction importante est assurée par plusieurs éléments. “

Nous avons également exploré l’option de l’hydroélectricité, qui a les qualités renouvelable et pilotable. Calculs à l’appui, l’idée a été abandonnée : plusieurs dizaines de milliers d’euros pour quelques kilowattheures de réserve, via un système de pompage en amont. Le jeu n’en valait pas la chandelle, dans notre contexte.

Dans la foulée, l’électricité a été tirée jusqu’à la grange et à la salle de cours. Lampes et prises sont désormais présentes en suffisance, sans dépendre de rallonges.


Le changement majeur que cette mise à jour système amène c’est qu’on va pouvoir avoir des bières fraîches quand il fait plein cagnard 😉 Il permet aussi à Iamandi et à Joanne de passer l’hiver à l’Ermitaj, et plus largement il offre la possibilité d’avoir une activité en ligne (nomades digitaux).

Ces nouvelles infrastructures ont été immédiatement mises à profit, notamment lors du cours d’arboriculture organisé au début du printemps. Les enduits ont également continué à avancer dans la salle de cours/  bibliothèque / bureau.

Côté matériel, nous avons investi dans un système de clôtures mobiles. Même s’il n’a pas encore été utilisé à son plein potentiel, il ouvre la porte à l’accueil ponctuel d’animaux brouteurs, là et quand nous le souhaitons. Moins de fauche, donc. Et personne ne s’en plaindra.

L’Association Roumaine de Permaculture

Trois ans de procédures pour retrouver un peu de sérénité

Depuis les tout débuts de l’Ermitaj, nous organisons des événements avec des membres de l’Association Roumaine de Permaculture. Coline et Remy ont officiellement rejoint l’association en 2022. À peine arrivés, nous nous sommes retrouvés plongés dans une situation humaine et organisationnelle particulièrement complexe.

Comme quoi, même avec les meilleures intentions du monde, travailler à plusieurs reste un défi. Le fameux « facteur humain ». Précieux, certes. Mais chacun choisira ici le mot commençant par « p » qui lui semble le plus approprié.

Le siège social de l’association étant établi à l’Ermitaj, une bonne partie du travail administratif est passée par Coline : dossiers pour le tribunal, procédures, échanges juridiques.

Après trois années de procédures judiciaires, l’association retrouve un certain apaisement. Une nouvelle phase s’ouvre : redéfinir collectivement les objectifs et les missions, avec l’ambition de renforcer sa portée à l’échelle nationale, voire européenne et internationale.

Projets européens

Ce qui se faisait « en solo » devient lisible et plus soutenu

L’une des conclusions de 2024 était claire : ce que nous faisons à l’Ermitaj depuis des années, sans subsides ni subventions, correspond en réalité à des critères reconnus par certaines institutions, notamment européennes.

Nous avons donc décidé d’activer ce levier. Et cela commence à porter ses fruits.

Dans le cadre du projet Communities for Climate, plusieurs événements ont été organisés :
une visite de la ferme Blue Gardens,


un camp-chantier de printemps autour du broyat de bois d’élagage et de l’arboriculture. Dans ce cadre, nous avons également été invités à Bruxelles, où de nombreux acteurs européens ont pu se rencontrer, échanger et participer à des sessions formatives.

Autre étape majeure, annoncée dans la précédente newsletter : la création d’une coopérative gérée horizontalement pour la production de tisanes. Le projet est soutenu par l’EU Staff Fund for a Fair and Sustainable Future via la Fondation Roi Baudouin, puis a reçu un appui complémentaire de la Fondation QiGreen.

Nous avons également tenté d’être partenaire avec deux associations pour des camps/ formations destinés aux “youth workers”. L’un avec l’association roumaine Buruiana, et l’autre avec l’association slovène Divja.  Malheureusement, ces projets n’ont pas été retenus. Nous réessayons, notamment via la création d’une association de droits roumains pour notre activité de formation! 

Ancrage local et réseaux

Du local à l’européen, et inversement

Paradoxalement, ce sont les projets européens qui nous ont rapprochés du Groupe d’Actions Locales (GAL) Ținutul Haiducilor. Une collaboration que nous espérons poursuivre cette année et les années qui arrivent.
https://galtinutulhaiducilor.ro/

Coline et Remy ont également participé à un cours approfondi sur les sols animé par Mark Siepman, organisé par Provision, ainsi qu’au Permaculture Camp Fire de nos amis de Dupa Gard, où nous avons animé un atelier d’enduits à l’argile.

https://marcsiepman.nl/
https://provisiontransylvania.com/
https://www.dupa-gard.com/homeng

Remy a suivi une formation en Dragon Dreaming en Slovénie. Le nom sonne un peu trop new-age à notre goût, mais la méthodologie de gestion de projet en collectif s’est révélée intéressante.
https://dragondreaming.org/

Réseau belge de permaculture: Coline et Remy ont tous les deux participé aux rencontres du réseau.  D’ailleurs, pour nos followers belges, la prochaine rencontre de Permanant aura lieu le dimanche 19 avril à Soignies (province du Hainaut)


Communication, équipe et vie quotidienne

Ce qui ne se voit pas toujours, mais qui compte

2025 marque aussi un retour d’énergie sur le volet communication : refonte du site web, articles de blog, contenus en ligne…

Et la possibilité de promouvoir gratuitement nos activités via le moteur de recherche le plus utilisé au monde ! Et ce grâce à Olivier Leclercq et la société Occupy the Tech Brussels, lesquels  nous ont accompagnés sur une dizaine de séances pour travailler très concrètement notre présence en ligne: audit de notre site Internet, choix d’add-ons pertinents pour le site, accompagnement dans les démarches liées au Google Ad Grant… Au-delà des contenus abordés, nous retenons surtout la générosité de l’accompagnement, la clarté des explications, les résultats obtenus et la grande disponibilité en cas de questions. Nous recommandons vivement Occupy The Tech Brussels à toute structure ayant besoin de renforcer sa présence en ligne, qu’il s’agisse d’une école, d’une association ou d’un autre projet engagé.

Mais surtout, 2025 est l’année où l’équipe de l’Ermitaj s’est étoffée, comme vous nous l’annoncions dans la newsletter précédente (que vous pouvez redécouvrir ici:: 

FR https://mailchi.mp/21478bb7d7b7/nous-revenons-avec-une-nouvelle-newsletter)


Homesteading

Potager

Côté potager, tout n’a pas été fait, mais le résultat nous a assez satisfaits. Mention spéciale pour les oignons : désherber au début, oui. Mais lors d’un mois de juillet très sec et chaud, laisser le liseron envahir les planches peut s’avérer être une stratégie efficace. Il protège les bulbes de la chaleur excessive et aide à conserver l’humidité du sol.

Energies

Mis à part la mise à jour au niveau électricité, la venue de nouvelles figures dans le projet a nécessité un bon travail lié au bois de chauffage. 

Eau

Certains se souviennent avoir fait la vaisselle au sable à l’Ermitaj… Pour le moment, on croise les doigts, ça reste de l’histoire ancienne: le captage d’eau de source que Remy a réalisé en 2022  nous offre toujours un petit millier de litres d’eau par jour. Des points d’inquiétude existent et se sont révélés en septembre, notamment avec l’assèchement d’un de nos puits (puits de nappe, peu profond), ce qui est un peu préoccupant. Paradoxalement, selon les modèles climatiques, nous recevons plus de précipitations qu’avant, or le sol est plus sec et les cours d’eau sont dans un état d’étiage plus tôt, voire complètement à sec. 

Remy et Coline sauront sans doute mieux expliquer pourquoi dans quelques semaines puisqu’ils suivent actuellement une formation en hydrologie régénérative. Si le terme est relativement récent, nombre des méthodes et outils qu’il recouvre existent et sont expérimentés depuis plusieurs décennies. En attendant une formation à l’Ermitaj ou un article de blog, nous vous convions à lire l’un ou l’autre article sur le web ou à regarder une vidéo  à ce sujet. Parlez-en aux décideurs de votre village, touchez-en un mot à toute personne que vous connaissez gérant des terres… ce concept offre beaucoup de leviers d’action. 


Animaux

Comme ces dernières années, nous avons accueilli les vaches et les chevaux d’un voisin sur le terrain. L’agrandissement de l’équipe de l’Ermitaj ouvre les portes au retour de cheptels à l’Ermitaj .

Vergers

Mis à part les pêches et les noix, ce n’était pas une année à fruit. Un beau moins trois degrés alors que les arbres étaient en fleur a eu raison de la plupart des fruitiers. Aussi, nous sommes sévèrement intervenus sur beaucoup de nos vieux pommiers lors de la formation d’arboriculture afin d’essayer de les déparasiter du gui.

Formations

Entre volonté d’accueillir et difficulté à toucher le public

Les formations maintenues se sont très bien déroulées. D’autres ont toutefois dû être annulées faute de participants, ce qui reste frustrant au regard du travail en amont que leur organisation implique. L’intérêt pour ces contenus existe, mais encore faut-il parvenir à atteindre les bonnes personnes.

Le principal défi aujourd’hui n’est donc pas la qualité ni la pertinence des formations, mais leur visibilité. Toucher les participant·es potentiel·les suppose un investissement conséquent en communication, notamment via la production de contenus pour les réseaux. Un chantier à part entière, indispensable, mais exigeant. 2025 a vu de nets progrès dans ce domaine, gageons que nous continuerons sur cette lancée en 2026

Nous avons maintenu la formation d’arboriculture (grâce notamment au soutien de C4C) avec Adrian Florea et Bogdan Suliman  et celle de jardin-forêt avec Cristina Colis. 

Les formations sont essentielles, mais elles ne peuvent constituer l’unique socle économique du lieu. Dans une logique de résilience, il nous semble cohérent de développer d’autres activités en parallèle, afin de ne pas dépendre d’un seul flux. La coopérative tisanière est à ce niveau une excellente nouvelle, puisque bien qu’il s’agisse d’un projet avec son identité propre, l’Ermitaj rentre dans la production.

Et maintenant ?

2025 n’a pas été une année de grands effets d’annonce, mais une année de consolidation. Des systèmes plus robustes, des partenariats plus lisibles, une équipe qui s’étoffe, et des projets qui sortent progressivement de l’expérimentation pour entrer dans une phase plus structurée. Tout n’a pas été simple, ni fluide, mais l’essentiel est là : l’Ermitaj continue de se construire sur des bases plus solides.

2026 s’inscrit dans cette continuité. Les fondations posées en 2025 et ces dernières années ouvrent la voie à de nouveaux développements, à des formations plus régulières, à des projets collectifs qui prennent de l’ampleur, et à une présence plus affirmée, localement comme au-delà. Découvrez notre programme 2026!